N’allez pas nous dire, Monsieur le Président …Par un somptueux matin comme l’Aubrac sait nous les offrir, ce 1er juillet, tout le monde était sur le pont, de bonne ou de moins bonne grâce, mais courtoisie républicaine oblige ! N’allez pas nous dire que pour les agriculteurs aveyronnais, les jeunes agriculteurs, les éleveurs, les producteurs, cette rencontre dont ils attendaient tant: reconnaissance de leur savoir-être autant que de leur savoir-faire, reconnaissance de la qualité de leur travail fondé sur une réflexion prospective et qualité des produits qui en sont issus, a apporté des solutions concrètes à leur inquiétude. Fallait-il alors adopter cette posture servile d’acquiescement à des propos de circonstance ? Fallait-il se pâmer d’aise au son de quelques mots bien digérés, qui avaient fait l’objet d’une note de présentation appropriée : la « marque Aveyron », par exemple ?
N’allez pas nous dire que la loi de modernisation de l’agriculture adoptée par certains parlementaires va résoudre les problèmes structurels de notre agriculture aveyronnaise. Nous convaincrez-vous à votre tour que les garanties inscrites dans la loi en termes d’alimentation, de contractualisation, d’assurance sont suffisantes ? Comment expliquerez-vous que pas un mot ne soit écrit concernant les CUMA qui ont fait et font la force et la vitalité de nos territoires agricoles ? Où irez-vous chercher l’engagement à financer les mesures, intéressantes pour certaines arrêtées dans la loi ?
N’allez pas nous dire que, demain, grâce à la nouvelle organisation des collectivités territoriales voulue par le Gouvernement, les agriculteurs retrouveront le sourire, soutenus par la Région (qui n’a même pas été invitée à assister à la table ronde présidentielle) et par notre assemblée départementale dont, il est vrai et elle le manifeste clairement, l’agriculture n’est pas une compétence obligatoire ni prioritaire.
N’est-il pas grand temps de retrousser les manches, d’entendre et de se faire entendre, de comprendre et de se faire comprendre et de dire haut et fort que la situation est plus grave qu’elle ne le paraît et que les mesures annoncées ne sont pas de nature à permettre un nouvel élan économique.
Mais, en ces temps d’été, il est tellement plus confortable de croire à une embellie spontanée, de s’adonner au plaisir des mondanités ; vous avez été à bonne école et fi du protocole, des bonnes manières, va que je te pousse pour être en bonne place sur la photo ! La saucisse était bonne, le veau d’Aveyron fondait sous la langue, le bœuf d’Aubrac goûteux à point et la fouace délicieuse !
Dommage, je n’en ai pas goûté !
Anne-Marie Escoffier Sénateur, conseiller général de l’Aveyron Vice-présidente du groupe socialiste et républicain
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